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Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - Formateur - Ateliers d'écriture


La Maison d’en face, Henri Girard, Dorval éditions

Publié par Dominique Lin sur 29 Juin 2016, 18:46pm

Catégories : #Chroniques livres

Sous ses airs à ne pas en avoir, Henri Girard nous embarque dans les méandres de la relation père-fils, quand le fils a déjà 40 ans et que rien n’est encore réglé entre eux.
Le père est fruste, le fils en manque d’amour, à moins que ce ne soit le contraire ; ils sont le miroir l’un de l’autre. Le fils n’ose pas demander l’affection que le père, en manque lui aussi, ne sait pas donner. Le fils répète à l’identique ces comportements envers les femmes, avec les mêmes attentes, les mêmes espoirs et envies, les mêmes regards qui en disent aussi long que les silences.
Chaque fois qu’Hubert revient au village familial, qu’il l’ait quitté la veille ou pendant des mois, il retrouve une situation inchangée. Le père a quitté le domicile conjugal et vit dans la maison en face celle de la famille. Les amis et les proches tiennent toujours le même rôle, en un peu plus vieilli, Hubert aussi…
La première partie du roman décrit parfaitement cette situation de village où chacun se connaît, peut-être un peu trop, car il ne reste que peu de place à la nouveauté, à l’acte libre.
Arrive l’incident… le match de foot, célibataires contre mariés du village, auquel Hubert a accepté un peu trop vite de participer, car son entraînement remonte à bien des années. Erreur ou mal nécessaire, les événements vont se précipiter, les choix, les défis, le regard sur la vie. Grain de sable nécessaire pour provoquer les situations, les prises de position, la mise à l’heure des pendules.
Hubert qui a toujours refusé d’aimer pour ne pas reproduire le manque d’amour d’un père — oui, je sais, c’est compliqué — va être confronté à ses propres sentiments, hors le regard du père, à moins qu’il n’agisse que par réaction.


Le style d’Henri Girard est tendre, précis, attachant. Il sait faire passer des idées profondes par la vie des « petites gens », ceux de la France d’en bas, les sans-dents… Il sait travailler les mots, en jouer, les faire rebondir là où on ne s’y attend pas toujours.
Un bémol, s’il en fallait un, pour enrichir la gamme de compliments, le passage sur le stage de formation est un peu long. On s’y égare un peu, même si on comprend le ressenti d’Hubert et l’impact qu’il a sur lui.

 

Résumé de l'éditeur :
Les célibataires contre les hommes mariés, a-t-on idée ? Quelle mouche a donc piqué Hubert d’accepter ce match de football au village ? Lui, la quadragénaire hypocondriaque, l’autodidacte complexé, grand scrutateur de fesses de dames, conseil en ressources humaines et... bancal du sentiment.
Hubert ne veut pas entendre parler d’union, de mariage, tant l’échec du couple de ses parents l’a marqué. Alors, pas question de faire la même erreur ! Mais il y a ce fichu match de football e ses conséquences tragi-comiques qui vont bouleverser ses certitudes.
Et puis on ne se méfie jamais assez lorsqu’on se retrouve à la merci de Marine, une nièce astucieuse, et d’un ami de son père, Joseph, dit le Concombre, moins débonnaire qu’il n’en a l’air.
Enfin, depuis peu, il a Milady, une parisienne un peu mystérieuse...

ISBN : 2351071344

 

Chronique précédente : Zamor, le nègre républicain, ludovic miserole, éd. Atelier Mosesu

La Maison d’en face, Henri Girard, Dorval éditions

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