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Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - Formateur - Ateliers d'écriture


La culture de l’épitaphe

Publié par Dominique Lin sur 18 Juin 2013, 12:58pm

Catégories : #écrivain

Mourir pour être reconnu, telle pourrait être la devise des hommes de talent.

Chaque jour, les colonnes de nos médias mettent en valeur des marionnettes de l’inutile, des marchands de vent, des représentants, comme le disait Diderot, « de valeurs factices et de vertus chimériques ». Il en va de l’information du néant, de l’étalage de la mort, de la religion du va-t-en-guerre, qu’elle soit politique, militaire ou financière. Les hommes, les petits, les discrets, mais aussi d’autres, les héros ordinaires, sont écrasés sous un silence de plomb.

La culture de l’épitaphe

Chaque jour, les colonnes de nos médias annoncent des décès qui, pour certains, révèlent leur naissance aux yeux du grand public. Des hommes apparaissent, comme sortis de nulle part, et nous apprenons alors qu’ils étaient des génies, des passeurs d’intelligence, des porteurs d’idées nouvelles ou libératrices. Ils ont passé leur vie à se battre pour l’humain, pour qu’il ne sombre pas dans ce bourbier mercantile, ces sables mouvants d’égoïsme, ce charnier du mépris et du rejet de l’autre.

Nous vivons dans la culture de l’épitaphe

Nous vivons dans la culture de l’épitaphe, du « c’était un grand homme, un grand artiste, un homme généreux… qui a fait avancer son temps. Il nous quitte sans que nous l’ayons vraiment connu, et nous le regrettons… »
Regretter pour ne pas avancer, déplorer pour se justifier, s’en vouloir pour souffrir, stigmates du Judéo-christianisme, mais surtout ne pas bouger, ne pas comprendre, ne pas changer de regard.

 

Éternel Oceano nox…

Combien d’artistes, d’écrivains, d’hommes de grande valeur ont été engloutis dans le silence ?

Éternel Oceano nox…
Car les places au soleil rapportent de l’argent, tant d’argent, et beaucoup se battent pour les posséder. Bien des stars de notre système sont riches à millions sans posséder le moindre don, la moindre solution, quand ceux qui mériteraient ces places, c’est là le paradoxe, ne le font pas pour l’argent ! Ils ne souhaitent que partager leur humanité, leur envie de transmettre, d’élever, que ce soit par une note de musique, un trait de couleur, un mot qui sonne d’éternité, mais aussi des révélateurs de talents, des accompagnateurs d’indigents, des porteurs d’avenir.
« Il est impossible de faire concevoir à un homme naturellement aveugle qu’il ne voit pas » disait Montaigne et chaque fois, nous recommençons les mêmes erreurs, perpétuons les mêmes schémas, finissant par nous étonner que les mêmes évènements se reproduisent.
Pourquoi ce billet que je pourrais écrire chaque jour ? Parce que l’actualité vient de nous offrir un exemple caricatural : « Maurice Nadeau, éditeur génial et désargenté, mort à la tâche à 102 ans » titrait Le Monde du 17 juin 2013.
Tout réside dans le titre, rien à ajouter, telle est notre société. Vivre plus d’un siècle, il aurait pu en vivre un deuxième, ç’aurait été la même chose. On l’aurait peut-être remarqué pour sa longévité. Qui n’a pas entendu parler de Jeanne Calment ? Mais aurait-on su ce qu’il avait fait ? Si un siècle n’a pas suffi…

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