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Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - chroniqueur - Ateliers d'écriture


Chronique : La Femme de dos, Alice Moine, éd. Serge Safran

Publié par Dominique Lin sur 16 Février 2018, 17:58pm

Catégories : #Chroniques livres

Le deuxième roman d’Alice Moine nous embarque dans le milieu du cinéma, milieu dans lequel travaille l’auteur. Jane, casteuse, est un « Œil », comme il y a des « nez » dans le monde du parfum. Elle chasse l’acteur comme le figurant un peu partout, à la sortie des bouches de métro, dans la rue, au café… Elle se bat pour garder sa place dans le milieu des producteurs et des metteurs en scène, malgré le temps passé et la concurrence à bas prix. Préserver ses tarifs et son nom grâce aux perles rares !

La voilà partie sur une nouvelle chasse, importante, hors de la routine : peu d’indices, juste quelques ressentis du metteur en scène, un artiste dont personne ne connaît le visage et qui détruit son film après la première projection ! Peu banal, le défi en est d’autant plus important, et dans l’urgence, bien entendu.

Malheureusement, c’est le moment que ne choisit pas sa mère pour tomber dans le coma; alerte, Jane doit descendre dans le sud, là où sa mère réside, et gérer les deux situations de front.

C’est le retour vers son enfance, et surtout le film tourné quand elle avait seize ans dans sa maison d’enfance louée pour l’occasion, quand elle est tombée amoureuse du photographe de l’équipe de tournage, son premier amour terminé sur une séparation, il a disparu sans laisser de nouvelles.

C’est aussi le retour vers cette mère avec qui le contentieux reste entier malgré les années, mais elle ne peut pas s’expliquer avec elle, si ce n’est en lui parlant sans savoir si elle entend et sans qu’elle puisse répondre.

Plusieurs intrigues vont venir se croiser, la disparition de son premier amour : qui est le metteur en scène intrigant ? Quelle est la vraie nature de l’accident qui l’a laissée clouée au lit pendant trois mois et dont elle garde la trace en claudiquant un peu ? Va-t-elle décider Charline, la jeune caissière de péage d’autoroute, intrigante, très sympa, authentique, débusquée au bout de son objectif, à accepter le rôle malgré les réticences de son frère et les craintes de sa mère ?

 

Alice Moine arrive à maintenir la tension du roman jusqu’à la fin, ouvrant de fausses pistes pour mieux nous surprendre, même si certaines transitions sont maladroites, ce que son éditeur aurait dû lui signaler. Heureusement, sa connaissance du métier est un atout pour être persuasive, pas d’approximation ni de clichés de ce côté.

L’écriture manque un peu de force, d’images qui nous embarquent pour nous faire décoller de la narration. Si les personnages sont bien campés et les sentiments sont là, on reste un peu sur sa faim avec Souad, par exemple, la femme à tout faire dans la maison depuis des décennies; on en attendrait un peu plus de sa part, en tant que témoin silencieux, mais omniprésent, de l’enfance de Jane. Étienne Barthes, le vilain, a un comportement étonnant, mais bon, il sert l’intrigue…

 

Par contre, et là, l’auteur n’y est pour rien, j’ai été dérangé dès les premières pages par le manque de professionnalisme de la mise en page de l’éditeur ! Des fautes basiques récurrentes qui pourraient être évitées, lignes orphelines, typographie mal gérée, ou reproduction de l’image de la carte de visite qui ne sert à rien, comme les emails en copie d’écran, la couverture plus que redondante où l’on voit la photo… d’une femme de dos.

J’attends quand même le 3e roman d’Alice Moine, car on ne construit pas une écriture en deux titres…

Acheter le roman ici

 

Résumé de l’éditeur :

Surnommée l’Œil, Jane est directrice de casting à Paris. Un été, un producteur célèbre lui confie la recherche d’une « perle rare » pour le film La Femme de dos de Telo Ruedigger, un artiste dont les œuvres défraient la chronique. Au même moment, Jane est appelée dans le sud de la France au chevet de sa mère dans le coma.
Vingt-huit ans auparavant, Les Vignettes, maison d’enfance de Jane, servait de décor au film Les Innocents d’André Téchiné. Jane découvrait le monde du cinéma et l’amour avec Tristan, photographe de plateau, disparu en ne laissant comme trace qu’une photo d’elle marchant de dos sur une digue. La similitude avec le style de Telo Ruedigger la trouble.
Lors d’un repérage près de Toulon, elle croit reconnaître en Charline, jeune employée de péage d’autoroute, la « perle rare »…

La Femme de dos, Alice Moine, éd. Serge Safran

345 pages | 19,90 €

Paru en août 2017

ISBN : 979-10-97594-404-6

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Chronique précédente : Je peux me passer de l’aube, Isabelle Alonso, éd. Héloïse d’Ormesson

Chronique : La Femme de dos, Alice Moine, éd. Serge Safran
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