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Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - chroniqueur - Ateliers d'écriture


Chronique: Garçon au coq noir, de Stefanie vor Schulte, éd. Héloïse d'Ormesson

Publié par Dominique LIN sur 20 Novembre 2022, 16:07pm

Catégories : #Chroniques livres

Dans un passé moyenâgeux non identifié, Martin, 11 ans, orphelin, est rejeté de tous depuis que son père a assassiné toute sa famille sauf lui.

Suspect d’avoir survécu, il dérange, tout comme son coq noir perché sur son épaule. Il y a du diable dans l’air ! Du Grimm, de l’Andersen…

Il part sur les routes en compagnie d’un peintre amoureux du beau, un peu fou, un peu sage, choqué par l’enlèvement d’une enfant par un cavalier noir, et décidé à le sauver… Tout semble se lier contre lui, mais il a son atout : son coq noir qui l’aide à avancer et avec qui il dialogue.
Nous sommes sans cesse dans le contraste entre la luminosité de l’enfant et la noirceur du décor, des gens qu’il rencontre. On ne sait ni où ni quand se déroule l’action. Des populations soumises à des lois aussi étranges que les rites d’une reine.

Nous sommes dans une croisade individuelle, initiatique, durant laquelle l’enfant, aidé de son coq, devra subir de nombreuses épreuves, risquer sa vie, perdre et retrouver son compagnon de route, traverser des mondes indéfinis relevant de l’imaginaire, voire du cauchemar où injustice, guerres, épidémies, indigence, superstitions sont légion. Martin doit sauver les enfants, retrouver le cavalier noir, et comprendre son passé et la violence de son père envers sa famille : vaste sujet !

 

L’écriture en apparence simple, mais lumineuse de Stefanie vor Schulte nous permet d’avancer dans cette fable en imaginant des décors insensés, sombre le plus souvent, nous emportant dans cette quête de l’enfant hors du temps et de l’espace. Nous y croisons toutes les formes du mal imaginables désarmées lorsqu’elles sont confrontées à l’empathie et la ruse de l’enfant (et du coq !)

Un roman à part dans la ligne de la maison, mais qui me rappelle qu’un éditeur se doit d’être à l’écoute de l’inattendu, dans une rentrée littéraire souvent linéaire.

Avec Garçon au coq noir, de Stefanie vor Schulte, traduit par Nicolas Véron, les éditions Héloïse d’Ormesson nous offrent ici une belle fable qui propose autant de lectures qu’elle aura de lecteurs.


Une remarque concernant la couverture : Les mains d’un enfant lâchant un coq… n’y a-t-il pas redondance avec le titre ?

 

Garçon au coq noir, de Stefanie vor Schulte, éd. Héloïse d'Ormesson
Traduction Nicolas Véron
EAN : 9782350878188 
208 pages - 19€

Chronique précédente : Où reposent nos ombres, Sébastien Vidal, éd. Le Mot et le Reste

 

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