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Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - chroniqueur - Ateliers d'écriture


Chronique: Mao est amoureux, Sandrine-Marine SIMON, Adeline RUEL, éd. Utopique

Publié par Dominique Lin sur 13 Février 2021, 10:39am

Catégories : #Chroniques livres

Une fois n’est pas coutume, et pour faire un clin d’œil à cette Saint-Valentin, je vous présente un album jeunesse, très frais, très coloré, qui nous parle de ce moment merveilleux qu’est celui où l’on tombe amoureux. Une question qui vient toujours très tôt dans la vie et surtout que l’on attend pas…

Le résumé de ce bel album (voir plus bas) suffit à comprendre l’histoire de Mao, en quête de réponses à propos de ce sujet intrigant qu’est tomber amoureux, et chaque membre de sa famille y va de sa réponse qui ne satisfait qu’en partie Mao. Son grand-père l’aidera à trouver lui-même sa propre réponse…

Prévu pour des enfants à partir de 3 ans, ce livre pourra être gardé par les enfants, car dans 5 ans, dans 10 ans, lorsque justement, ces premiers émois risquent d’apparaître… l’enfant pourra retourner lire les réponses que son papa ou sa maman lui auront lues et qu’il aura peut-être lui-même lues et relues, et se demander : « Au fait, c’était quoi les réponses à cette question existentielle ? », pour être sûr qu’il est bien amoureux…

 

 

Ma chronique sur France Bleu Vaucluse:

Chronique précédente : Le neveu d’Anchise, Maryline Desbiolles, éd. Le Seuil

Un mot sur la maison d’édition indépendante Utopique qui fait un excellent travail en direction de la jeunesse. Des albums dans lesquels les textes ont du sens (lire La Musique de Rose, écrit par Sandrine-Marine SIMON et illustré par Elsa Oriol, éd. Utopique). Les illustrations, très travaillées, sont adaptées aux âges de lectures, allant du plus simple graphisme pour les plus jeunes aux véritables tableaux lorsqu’on monte en âge… Un choix d’albums disponibles à la librairie Elan Sud, spécialisée dans les éditeurs indépendants.

Présentation de l'éditeur :
C’est une grande question que se pose Mao : comment sait-on que l’on est amoureux ? Bien décidé à percer ce mystère, il interroge chacun des membres de sa famille. « Être amoureux ? C’est comme une fleur qui pousse dans ton cœur », lui dit sa maman. « Être amoureux ? C’est comme si tu t’envolais, très haut... », lui dit son papa. Avec ces réponses, Mao n’est pas plus avancé... Finalement, c’est son Pépé qui l’aidera à reconnaître ses propres sentiments et découvrir qu’il est amoureux. Un album frais et coloré pour répondre à cette interrogation qui arrive très tôt chez les enfants.

Mao est amoureux
Album rembordé – 20 x 20 cm – 32 pages couleur
ISBN :979-10-91081-48-1 - 10 €
À partir de 3 ans - Collection P’tits Lardons
Texte : Sandrine-Marie SIMON
Illustrations : Adeline RUEL
Parution : février 2021

Ce terme de « tomber » m’a toujours étonné, car on associe souvent ce moment à celui de se voir pousser des ailes, d’ailleurs, en Chine, ce terme d’amoureux est associé au verbe monter qui serait plus adéquat…
En France, cette expression remonterait au XVIIIe siècle, Marivaux, qui l’avait utilisée dans son roman Le Télémaque travesti (« Je ne sais pas comment elle le connut, mais elle en tomba amoureuse ») et l’aurait reprise dans d’autres textes, l’aurait empruntée à Regnard, auteur d’une pièce de l’ancien Théâtre-Italien remontant au XVIIe*.
Cette question éternelle qui façonne l’être humain

* Source Gallica-BNF.
La lutte contre les Modernes est vive en 1726, et Marivaux se voit accuser, dans le Dictionnaire néologique, de déformer la langue. Or, ce n’est pas lui qui a inventé l’expression « tomber amoureux » ; nous en avons rencontré des occurrences bien antérieures chez Regnard. Elle figure dans une pièce de l’ancien Théâtre-Italien, Les Momies d’Égypte de Regnard et Dufresny (mars 1696), dans Le Bourgeois de Falaise de Regnard (aussi appelé Le Bal), représenté en juin 1696 à la Comédie-Française, et enfin, dans Le Joueur de Regnard, donné en décembre 1696 à la Comédie-Française également. Le Marquis, fanfaron, se vante auprès de Valère de son pouvoir de séduction sur la Comtesse (III, 9) : « J’ai sur certaine femme / Jeté, sans y songer, quelque amoureuse flamme. / J’ai trouvé la matière assez sèche de soi ; / Mais la belle est tombée amoureuse de moi. »
Marivaux connaît très bien cette pièce : il emprunte à ce même marquis la phrase que prononce Arlequin à la fin du Jeu de l’amour et du hasard, « Allons, saute, Marquis » ; il s’en inspire aussi dans La Seconde Surprise de l’amour pour la lecture par Hortensius de livres de philosophie et pour les réflexions sur Sénèque. C’est assurément du Joueur qu’il a pris l’expression.
Marivaux, candidat à l’Académie française en 1736, fut refusé en ces termes : « Notre métier à l’Académie est de travailler à la composition de la langue, et celui de M. de Marivaux est de travailler à la décomposer. » Pour ce qui est de l’accusation de néologisme pour « tomber amoureux », il doit être blanchi. Marivaux, candidat à l’Académie française en 1736, fut refusé en ces termes : « Notre métier à l’Académie est de travailler à la composition de la langue, et celui de M. de Marivaux est de travailler à la décomposer. » Pour ce qui est de l’accusation de néologisme pour « tomber amoureux », il doit être blanchi.

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