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Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - chroniqueur - Ateliers d'écriture


Chronique : Cahier d’un retour au pays natal, Aimé Césaire, éd. Présence africaine

Publié par Dominique Lin sur 10 Janvier 2021, 18:25pm

Catégories : #Chroniques livres

Difficile d’attaquer un monument, un texte fondateur, surtout venant d’un si grand poète qu’était Aimé Césaire (1913-2008).
Cahier d’un retour au pays natal, 1939 (Revue Volontés), 1947 (Bordas), 1956 (Présence Africaine) est un texte à plusieurs visages.
Un cri d’amour pour son pays où il revient et les hommes qui le peuplent, mais aussi une critique des comportements humains, à propos de l’Europe, la colonisation, mais aussi à propos des Noirs en majorité illettrés et aux comportements stupides et soumis. Il n’y a pas d’aigreur dans ses mots, un constat parfois cinglant, violent, parfois empli d’humour, mais toujours juste et plein d’amour.
Césaire prône l’égalité des hommes, tous les hommes, avec leurs faiblesses, leurs erreurs, leurs errances.
Difficile aussi de parler de la forme de ce texte, long poème libre au vocabulaire très riche, trop parfois, qui rend le fil compliqué à suivre. Les lieux, les objets, la nature, tout y est vie. Ses mots sont une explosion de sons, d’images, de sentiments qui nous concernent tous, même si nous ne sommes ni de ce pays-là ni de ce temps, car Césaire est intemporel.
On peut sentir toute la force poétique de Césaire, même si elle nous échappe parfois. J’ai eu parfois l’impression d’être sur un grand 8, de ne pas tout suivre, mais de ressentir les émotions en filigrane.
Ce livre est la fondation de son œuvre où l’on retrouvera des traces comme de l’ensemble de ses propos tout au long de sa vie.

 

Résumé de l’éditeur :
« Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n’est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l’audience comme la pénétrance d’une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l’Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences, car il n’est point vrai que l’œuvre de l’homme est finie que nous n’avons rien à faire au monde que nous parasitons le monde qu’il suffit que nous nous mettions au pas du monde mais l’œuvre de l’homme vient seulement de commencer et il reste à l’homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l’intelligence, de la force et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu’à fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite. »

Chronique précédente : Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Le Mot et le reste

 

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