Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - chroniqueur - Ateliers d'écriture


Chronique : Un chant pour les disparus, Pierre Jarawan, éd. Héloïse d’Ormesson

Publié par Dominique Lin sur 24 Avril 2021, 17:28pm

Catégories : #Chroniques livres

Ce roman oscille entre impressionnisme et réalisme dont chaque coup de spatule éclaire une partie de la vie d’Amin Maalouf, qui, originaire du Liban, a grandi en Allemagne avec sa grand-mère, puis revient au pays, cette terre dévastée par les attentats, les guerres, les représailles, les alliances faites et défaites, où le souvenir qu’une grande culture cohabite avec le rêve de reconstruction.

Plusieurs grandes périodes de la vie d’Amin sont abordées d’une façon parcellaire, remontant en désordre dans la mémoire de l’homme qu’Amin est devenu. Il se pose en premier de nombreuses questions à propos de sa jeunesse, du retour au Liban où il faut tout réapprendre, accompagné de Jaffar, ce copain mystérieux qui l’emmène la nuit au sommet des immeubles en partie détruits par les bombes, et l’aide à rencontrer Sahar Sabia, cette jeune fille pour qui il va écrire une histoire au risque de la faire punir par ses parents avec qui il a eu des démêlés.
C’est aussi toute l’histoire de sa famille, à commencer par sa grand-mère qui l’élève seule suite au décès de sa fille et au départ de son mari.
Ce sont aussi tous les personnages qui gravitent autour de la famille, témoins et détenteurs de secrets.
C’est, bien entendu une tranche de l’histoire du Liban, des morts, des braves et des lâches.
Il est question de terre, de maison de famille, d’amis proches, de confidents.
Puis vient le temps des réponses, elles aussi parcellaires et désordonnées, dont certaines restent en suspens, d’autres transportent des parfums indéfinissables, d’autres encore des regrets.

Ce roman de  Pierre Jarawan est rempli de poésie, de phrases mélodieuses qui ont réussi à traverser la traduction, de références historiques et politiques. Il s’agit du Liban, mais il aurait bien pu se passer dans n’importe quel pays en proie à l’invasion, le protectorat étranger, la révolution, les attentats, la religion, et tout ce qui fait que certains enfants ne connaissent pas la paix durant toute leur construction, et participent même malgré eux à des actes de violence.
Ce livre est long, très long, 460 pages… dont il est souvent difficile de suivre le fil du temps à cause de tous ces allers et retours qui tombent un peu au hasard, comme lorsqu’on tire sur les fils d’une pelote de vie complètement emmêlée et dont on ne sait pas quel bout va sortir.
Un livre à découvrir… malgré l'image de couverture qui n'évoque rien de l'intérieur.

 

Résumé de l’éditeur
« Un simple grain de sable suffit à construire une grande histoire. »
En 2011, alors qu’il regarde les derniers chars syriens quitter le Liban, Amin est rattrapé par son passé. Il avait à peine quelques mois lorsqu’il a lui aussi quitté le pays avec sa grand-mère, après la mort bru-tale de ses parents. De retour à Beyrouth en 1994, le garçon de treize ans tente de découvrir ses ori-gines dans une ville aussi fascinante que déroutante. Mais il se heurte à bien des résistances, des silences et des omissions, qui nourrissent une enquête de presque vingt ans. Pas à pas, Amin démêle les énigmes familiales enracinées dans les conflits armés, et il fait entendre la voix de cette « génération perdue ».

Après Tant qu’il y aura des cèdres, Pierre Jarawan poursuit son exploration du Liban, de ses fragilités, mais aussi de ses trésors. Dans la tradition des contes orientaux, ce chant vibrant de la mémoire déploie un roman tissé de mille fils qui, grâce à une bouleversante histoire d’amitié, ressuscite les innombrables disparus de la guerre civile.


Chronique précédente : L’homme qui marche, Jean-Paul Delfino, éd. Héloïse d’Ormesson

 

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents