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Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - chroniqueur - Ateliers d'écriture


Chronique: Je suis la maman du bourreau, de David Lelait-Helo, éd. Héloïse d’Ormesson.

Publié par Dominique Lin sur 11 Janvier 2022, 19:06pm

N’étant pas friand de thriller, le titre, Je suis la maman du bourreau, de David Lelait-Helo, éd. Héloïse d’Ormesson, m’a d’abord repoussé. Puis, ce fut au tour du résumé (voir plus bas), en gros, le malheur d’une mère très pieuse confrontée à des affaires de prêtres pédophiles, à commencer par celle son fils adoré !

Bref, en cette période troublée, j’aurais préféré du bonheur dans l’air…  mais j’ai découvert un livre très fort, profond, et surtout très bien écrit.


Le roman oscille entre le cahier que tient la mère à propos de son fils, élu de son cœur et élu devant Dieu, presqu’un saint, et le déroulement des actes horribles.
Les personnages sont très bien campés, le fil nous tient en haleine, et pas un moment, j’ai regretté d’avoir dépassé mes a priori.

Ce roman est, pour le début, une double déchéance.
- Celle de la mère qui a passé sa vie à servir Dieu, jusqu’à lui offrir son fils en qui elle a mis toute sa dévotion, à la limite de l’intégrisme tant Dieu et son fils ont envahi son champ de vision.
- Celle du fils bien aimé de tous, à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession, surtout à qui on a confié ses enfants en toute confiance, ils étaient sous l’aile protectrice du serviteur du Seigneur.
Même si on connaît rapidement le péché et ses conséquences, l’auteur réussi à nous coller à son texte.
Les tourments de la mère, la descente marche après marche du piédestal où elle s’était placée, voire isolée du monde, des ses 2 autres enfants, de sa bonne, etc.
Comment un fils, SON fils, peut-il avoir fait cela, après tant de sacrifices? Comment une mère peut-elle rester aveugle à des actes dont, a posteriori, tous les signaux clignotaient, si tant est qu’elle ait voulu les voir. Est-il possible de pardonner? Est-il possible d'écouter les victimes?
Un roman dont on a envie de connaître la suite, mais pas la fin, pour ne pas le quitter, malgré quelques longueurs et répétitions qu’on pardonne aisément.

 

Résumé de l'éditeur :
Prier Dieu, se vouer au Diable.
Du haut de ses quatre-vingt-dix ans, Gabrielle de Miremont semblait inatteignable. Figée dans l’austérité de la vieille aristocratie catholique dont elle est l’incarnation. Sa devise : « Ne jamais rien montrer, taire ses émotions ». Jusqu’à ce matin-là, où un gendarme vient lui annoncer la mort de son fils. Son fils cadet, son enfant préféré, le père Pierre-Marie, sa plus grande fierté. Gabrielle ne vacille pas, mais une fois la porte refermée, le monde s’écroule. Cet effondrement, pourtant, prend racine quelques semaines plus tôt, à la suite d’un article de presse révélant une affaire de prêtres pédophiles dans sa paroisse. Révoltée par cette calomnie, Gabrielle entreprend des recherches. Des recherches qui signeront sa perte. Ou sa résurrection.

Je suis la maman du bourreau raconte avec une subtilité et une justesse époustouflantes le calvaire d’une mère murée dans son chagrin. Un portrait dérangeant, qui touche au cœur, et rend un hommage vibrant à ceux qui osent dénoncer l’innommable. 

Chronique précédente : Vestiges d’une séparation, d’Aanchal Malhotra, , éd. Héloïse d'Ormessson

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