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Dominique Lin

Dominique Lin

Écrivain - chroniqueur - Ateliers d'écriture


Chronique: Sous l’aile du lion, Céline Debayle, éd. Arléa

Publié par Dominique LIN sur 5 Octobre 2022, 09:52am

Catégories : #Chroniques livres

Sous l’aile du lion, Céline Debayle, éd. Arléa

Ce roman court, mais très stylé, parle de quatre personnages. Trois femmes, Rose, la mère, Blanche et Violette, les deux filles. Le quatrième est sans conteste Venise, qui reflète les états d’âme de Violette, confrontée au deuil de sa sœur et la séparation de son amant.

Dit comme cela… cela n’engage peut-être pas. Mais… il suffit d’ouvrir le livre…

Havre de paix, comme au couvent pour se ressourcer, ou flamboyante quand Violette est heureuse et s’enivre de ses palais, de ses tableaux et sculptures, des reflets de ses canaux, de tous les éléments qu’elle sublime, Venise est aussi miroir de sa tristesse profonde et ne lui renvoie, dans ces moments, que désolation et décor sans vie.

Ce livre alterne les émotions de Violette. Le choc de la mort de sa petite sœur qui s’est envolée par la fenêtre d’un immeuble de Montparnasse, et la douleur de sa mère qui a peine à se remettre du drame. Les moments d’exaltation amoureuse avec son amant l’emportent dans un tourbillon dans lequel tout se mêle, l’érotisme de cet amour et les beautés de la ville où ils ont vécu la passion.

Mais l’amour comme sa sœur sont mortes, et Violette revient demander à Venise de la consoler.

Tout est poésie dans ce roman, poésie et musique des mots. L’auteure a écrit de la dentelle, mariant des sonorités inhabituelles pour nous interpeller et nous ouvrir à d’autres définitions, d’autres imaginaires.

J’ai dégusté de livre. Je me suis retenu de l’avaler pour faire résonner les mots et les phrases, pour mieux m’en imprégner. J’en ai partagé à haute voix quelques extraits avec des proches. On ne se goinfre pas de ses pages, on les savoure, on les sirote, pour prolonger le plaisir, pour respecter la cuisinière.

Sous l’aile du lion, celui de Venise, prend tout son sens une fois la dernière page lue.

Après Les grandes poupées (voir ma chronique ici), Céline Debayle revient avec un tout autre univers, une écriture fleurie comme au printemps, et c’est un pur bonheur de lecteur.

Chronique précédente : L’Ivresse des papillons, de Jean-Philippe Chabrillangeas, éd. Elan Sud

 

 

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